EPR2 en suspens : la Commission européenne ouvre une enquête sur les aides publiques, Bercy sous pression pour éviter les retards
Le projet français de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 se heurte à un obstacle majeur de Bruxelles. La Commission européenne s'apprête à ouvrir, mi-avril, une enquête approfondie sur le financement public du programme, une procédure qui conditionne le feu vert définitif et menace de retarder le calendrier industriel. Ce contrôle de conformité avec les règles européennes en matière d'aides d'État place le gouvernement français dans une position délicate, obligé de négocier sous contrainte de temps.
Le ministère de l'Économie et des Finances (Bercy) affiche publiquement sa « confiance » quant à l'issue de l'enquête, mais reconnaît simultanément exercer une pression soutenue sur la Commission. L'objectif affiché est clair : obtenir une décision « vite » pour ne pas entraver le déploiement des six nouveaux réacteurs EPR2, un pilier de la stratégie énergétique et de réindustrialisation de la France. Cette enquête européenne, annoncée de longue date mais dont l'ouverture imminente cristallise les tensions, examine si les modalités de soutien public envisagées par Paris constituent une distorsion de concurrence interdite.
L'enjeu dépasse le simple cadre réglementaire. Tout retard significatif dans l'obtention de l'autorisation de Bruxelles pourrait déstabiliser la planification d'EDF, maître d'œuvre du projet, et impacter la chaîne industrielle déjà mobilisée. La pression de Bercy traduit l'urgence perçue au plus haut niveau de l'État, où le nucléaire est érigé en priorité souveraine. L'issue de ce bras de fer administratif entre Paris et Bruxelles sera un signal fort sur la capacité de la France à mener ses grands projets stratégiques dans le cadre contraignant de l'Union européenne.