Racisme contre Bally Bagayoko : le silence troublant de la ministre Aurore Bergé
Alors que plusieurs membres du gouvernement ont publiquement condamné les attaques racistes subies par Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, est restée silencieuse. Son absence de soutien direct à l'édile, victime de propos racistes, constitue une anomalie politique flagrante et interroge sur la cohérence de l'action gouvernementale en la matière.
Non seulement Aurore Bergé n'a pas eu un mot de solidarité pour le maire, mais elle a choisi de retourner l'accusation contre lui. Dans une déclaration rapportée par Mediapart, la ministre a préféré accuser Bally Bagayoko de faire de la « discrimination politique ». Ce renversement de charge, intervenant dans un contexte de violences verbales racistes documentées, place la ministre en porte-à-faux avec ses collègues du gouvernement et avec sa propre mission de lutte contre les discriminations.
Cette prise de position isolée expose des tensions potentielles au sein de l'exécutif sur la gestion des questions raciales et la solidarité républicaine. Elle risque d'alimenter les critiques sur l'opportunisme politique et d'affaiblir la crédibilité de la parole publique contre le racisme. Le cas met en lumière la difficulté à articuler une réponse unifiée face à ce type d'agressions lorsqu'elles visent des élus, et place la ministre Bergé sous une pression et une scrutiny accrues quant à l'exercice concret de son portefeuille.