Corée du Sud : face au risque sur Ormuz, Séoul se tourne vers le pétrole russe
La Corée du Sud, l'un des pays les plus vulnérables à une fermeture du détroit d'Ormuz, opère un virage stratégique en se tournant vers la Russie pour assurer son approvisionnement en pétrole. Cette décision, prise dans le contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, révèle la profonde inquiétude de Séoul quant à la sécurité de ses routes d'approvisionnement énergétique. La visite d'Emmanuel Macron en Corée du Sud, qui suit immédiatement sa tournée au Japon, se place ainsi sous le signe de cette crise géopolitique et de ses répercussions économiques mondiales.
Ce pivot vers Moscou constitue une réponse directe au risque d'un blocage du détroit d'Ormuz, un passage maritime critique par lequel transite une part substantielle du pétrole mondial. Pour Séoul, dont l'économie est fortement dépendante des importations d'hydrocarbures, la diversification des sources est devenue une impératif de sécurité nationale. Ce mouvement s'inscrit dans une recomposition plus large des flux énergétiques, où les considérations géostratégiques l'emportent de plus en plus sur les logiques purement commerciales.
La situation place la Corée du Sud, ainsi que d'autres économies majeures d'Asie, sous une pression accrue. Elle illustre comment les conflits régionaux, comme la guerre au Moyen-Orient, peuvent forcer des nations à revoir en urgence leurs alliances et leurs chaînes d'approvisionnement, parfois au prix de réorientations diplomatiques significatives. Cette dépendance énergétique critique devient un levier de pression et un facteur d'instabilité, obligeant les dirigeants à naviguer entre sécurité d'approvisionnement et alignements politiques.