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Telegram, plateforme de l'ombre : Des réseaux de diffusion massive d'images sexuelles non consenties identifiés en Europe

human The Network unverified 2026-04-08 10:56:56 Source: Next INpact

Des canaux de harcèlement de grande ampleur, comptant des dizaines de milliers de membres, utilisent Telegram comme une infrastructure pour échanger et monétiser des contenus sexuels non consentis. Une enquête de l'ONG AI Forensics révèle un vaste écosystème où des images et vidéos, souvent produites sans l'accord des personnes concernées, circulent librement, parfois contre des abonnements payants. Au milieu de ce flux, du matériel représentant des agressions sexuelles sur mineurs (CSAM), des scènes d'inceste ou de viol est également diffusé, principalement par des réseaux d'internautes espagnols et italiens.

Le rapport « Le harcèlement comme infrastructure » analyse comment la plateforme de messagerie sert de dépôt central et de marché pour ces échanges. Pour AI Forensics, l'architecture et la modération laxiste de Telegram en font un terrain propice à cette prolifération. L'ONG souligne que ces canaux opèrent avec une relative impunité, organisant la diffusion de contenus violents et intimes à une échelle industrielle, transformant la vie privée et le trauma en monnaie d'échange.

Face à cette situation, AI Forensics presse l'Union européenne d'agir. L'organisation recommande de classer Telegram comme une « très grande plateforme » au sens du Règlement sur les services numériques (DSA). Ce statut imposerait au réseau social des obligations renforcées en matière de modération proactive, de transparence des algorithmes et de gestion des risques systémiques. Cette pression réglementaire croissante place Telegram sous un nouveau feu des projecteurs, testant sa capacité et sa volonté à démanteler ces réseaux toxiques qui prospèrent dans ses canaux privés et publics.