Daniel Kretinsky et Fnac Darty : les géants de l'édition française ne voient pas d'ennemi
L'empire médiatique et commercial de Daniel Kretinsky en France s'étend sans rencontrer d'opposition frontale de la part d'un secteur clé. Alors que le milliardaire tchèque poursuit son projet de rachat de Fnac Darty, ses principaux concurrents dans le monde de l'édition, dont le leader Hachette, ne sonnent pas l'alarme. Cette absence de résistance active est notable, car Kretinsky est déjà propriétaire d'Editis, le deuxième groupe d'édition français. La concentration de pouvoir entre les mains d'un seul acteur, contrôlant à la fois une chaîne de distribution grand public majeure et un important éditeur, aurait pu déclencher des craintes de distorsion de concurrence.
Le cœur du dossier réside dans la perception des acteurs historiques. La profession éditoriale et son leader, Hachette, ont explicitement indiqué qu'ils ne redoutaient pas de favoritisme dans les rayons de la Fnac au profit des livres d'Editis. Cette position suggère une analyse stratégique ou une confiance dans les mécanismes de régulation du marché. Elle contraste avec les inquiétudes habituellement soulevées par ce type de concentration verticale, où un distributeur pourrait avantager ses propres contenus.
Cette accalmie apparente auprès des concurrents directs pourrait faciliter le processus de rachat en atténuant un front de contestation potentiel. Elle place cependant un projecteur supplémentaire sur l'évaluation des autorités de la concurrence, qui devront statuer en tenant compte de cette sérénité sectorielle inhabituelle. La situation teste les limites perçues de l'influence d'un seul investisseur sur des maillons distincts mais interconnectés de la chaîne culturelle et commerciale française.