Procès Lafarge : verdict imminent pour financement présumé du terrorisme en Syrie
Le tribunal correctionnel de Paris rend son verdict ce matin dans le procès historique du cimentier Lafarge, accusé d'avoir financé des groupes terroristes en Syrie. L'ancien PDG Bruno Lafont et sept autres anciens dirigeants risquent jusqu'à dix ans de prison pour des faits commis entre 2012 et 2014, au plus fort de la guerre civile. L'entreprise est poursuivie pour « financement d'une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d'autrui », des accusations gravissimes pour une multinationale cotée.
L'affaire repose sur des paiements, s'élevant à plusieurs millions d'euros, versés via une filiale syrienne à des intermédiaires liés à l'État islamique et au Front al-Nosra. Ces versements, présentés à l'époque comme des « taxes » pour assurer la continuité de l'activité de l'usine de Jalabiya, constituent le cœur de l'accusation. Le réquisitoire du parquet national antiterroriste en décembre a été particulièrement sévère, demandant de lourdes peines et une amende record de plusieurs millions d'euros contre la société.
Le verdict de ce jour marque un tournant pour la responsabilité des entreprises multinationales dans les zones de conflit. Au-delà des sanctions pénales, il pourrait ouvrir la voie à de nouvelles actions civiles et impacter durablement la réputation du groupe, désormais fusionné avec Holcim. La décision du tribunal est également scrutée pour son impact sur la jurisprudence en matière de devoir de vigilance des sociétés à l'étranger.