TotalEnergies sonne l'alarme : une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz menacerait l'approvisionnement en kérosène
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a émis un avertissement sans ambiguïté : une fermeture du détroit d'Ormuz qui durerait « plus de trois mois » entraînerait de « sérieux problèmes d'approvisionnement » pour des produits critiques comme le kérosène. Cette mise en garde, formulée sur BFM Business, place la réouverture de cette voie maritime stratégique comme une priorité « cruciale » pour la sécurité énergétique, et ce, même si cela implique de payer une compensation.
L'intervention de Pouyanné intervient dans un contexte géopolitique tendu où le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, représente un point de pression majeur. Le patron du géant pétrolier français ne se contente pas d'un constat général ; il identifie un produit spécifique, le kérosène, comme étant particulièrement vulnérable à une rupture de flux. Cette précision souligne les risques de contagion sur des secteurs entiers, notamment le transport aérien, dépendant de ce carburant.
La déclaration dépasse le simple commentaire économique pour entrer dans le domaine de la stratégie et de la négociation. En évoquant ouvertement la possibilité d'une « compensation » à payer pour garantir la réouverture, Pouyanné reconnaît la dimension politique et potentiellement conflictuelle de la situation. Cela place les acteurs étatiques et les grandes compagnies énergétiques face à un dilemme pressant : gérer une crise d'approvisionnement imminente ou s'engager dans des arrangements complexes pour désamorcer la tension sur cette artère vitale du commerce mondial de l'énergie.