Soudan : les routes de fuite du Darfour, piège à esclavage sexuel pour les femmes sous la menace des combattants de Hemetti
Trois ans après le début de la guerre au Soudan, les routes censées offrir une échappatoire aux combats se sont transformées en pièges mortels pour les femmes. Les témoignages recueillis dans les camps de réfugiés du Tchad décrivent un calvaire systématique : des femmes en fuite sont enlevées et soumises à l'esclavage sexuel par les combattants du général Hemetti, chef des Forces de soutien rapide (RSF). Ceux qui parviennent à atteindre le Tchad livrent des récits d'un enfer traversé, où la violence sexuelle est utilisée comme une arme de guerre et de terreur sur les routes du Darfour.
Les survivantes décrivent des enlèvements ciblés lors de leur tentative de fuir les zones de conflit. Les combattants des RSF, dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit "Hemetti", contrôlent ces axes et en font des zones de non-droit. Les récits concordants pointent vers une pratique organisée d'asservissement, transformant le parcours des déplacées en une succession de viols et de séquestrations. Le Darfour, déjà ravagé par des décennies de conflit, est le théâtre principal de ces atrocités.
Cette stratégie de terreur sexuelle vise à briser les communautés, à punir les populations civiles et à étendre le contrôle des milices. Les camps de réfugiés au Tchad, où affluent ces témoignages, deviennent les archives vivantes de ces crimes. La situation place la communauté internationale face à un défi humanitaire et juridique majeur, alors que les preuves s'accumulent sur des violations massives des droits humains pouvant constituer des crimes de guerre. L'impunité dont jouissent les auteurs sur le terrain aggrave encore la vulnérabilité des civils soudanais, en particulier des femmes et des filles.