Russie et Chine maintiennent le flux pétrolier vers Cuba malgré la crise et l'embargo américain
Deux semaines après l'arrivée d'un pétrolier russe transportant 700 000 barils de brut à Cuba, Moscou s'engage officiellement à poursuivre ses livraisons vers l'île, avec le soutien de la Chine. Cet engagement survient dans un contexte de crise économique aiguë à Cuba, exacerbée par l'embargo américain sur le pétrole vénézuélien, une source d'approvisionnement historique pour La Havane. L'initiative russe, rapidement suivie par l'annonce d'une coopération énergétique avec Pékin, signale une volonté de contrer la pression économique occidentale et de consolider une présence stratégique dans la région.
La crise cubaine, qui touche près de 11 millions d'habitants, a été amplifiée par les sanctions américaines ciblant le pétrole du Venezuela, imposées par l'administration Trump. Ces mesures ont drastiquement réduit les approvisionnements vitaux pour l'île, créant des pénuries sévères. La livraison russe récente, et la promesse de son maintien, représentent donc une bouée de sauvetage économique directe, mais aussi un acte géopolitique calculé. L'implication de la Chine dans cet effort suggère une coordination plus large entre les puissances opposées à l'influence américaine dans l'hémisphère occidental.
Cette manœuvre place Cuba au cœur d'un nouveau front de compétition stratégique. Pour Moscou et Pékin, il s'agit de démontrer leur capacité à soutenir des alliés sous pression et à opérer malgré les sanctions occidentales. Pour Washington, cela représente un défi à son isolement économique de régimes adverses. La dépendance énergétique de Cuba la rend vulnérable, faisant de ces livraisons un levier de pouvoir immédiat. La pérennité de ce soutien et sa capacité à atténuer réellement la crise interne cubaine restent à observer, mais l'engagement est désormais public et constitue un fait accompli sur l'échiquier régional.