Gucci en crise : Mirabaud avertit que la marque doit cesser d'être « pour tout le monde » pour survivre
Pour Gucci, l'urgence est stratégique. Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, a lancé un avertissement cinglant sur BFM Business : si la marque phare de Kering veut retrouver son aura et sa désirabilité, elle doit impérativement « arrêter de l'être pour tout le monde ». Ce diagnostic sévère met en lumière l'échec actuel de la stratégie d'accessibilité et la difficulté profonde du groupe à reconquérir des parts de marché face à une concurrence féroce.
L'analyse de Rozier pointe un problème fondamental pour Kering : son incapacité actuelle à redresser la trajectoire de sa principale maison de luxe. La quête de volume a, selon lui, dilué l'exclusivité de Gucci, sapant son attractivité auprès de la clientèle haut de gamme qui constitue le cœur du secteur. Cette situation illustre la pression immense qui pèse sur le groupe, dont les performances boursières et la perception du marché sont étroitement liées au succès de cette marque.
Au-delà du cas Gucci, le gestionnaire a également souligné la résilience remarquable des marchés financiers face aux tensions géopolitiques, notant que les investisseurs semblent, pour l'instant, les intégrer sans panique. En parallèle, il a fait un constat comparatif frappant en désignant la Bourse de Taiwan comme un marché présentant une supériorité structurelle face au marché britannique, marqué par l'incertitude. Ces observations dessinent une carte des risques et des opportunités où la reconquête d'une image exclusive apparaît comme le défi le plus pressant pour Kering.