France interdit l'entrée à Shawan Jabarin, directeur d'Al-Haq, pour la deuxième fois
Shawan Jabarin, directeur de l'ONG palestinienne de défense des droits humains Al-Haq, s'est vu refuser l'entrée sur le territoire français pour la deuxième fois en moins d'un an. Ce refus de visa, émis par les autorités françaises, cible une figure centrale de la défense du peuple palestinien et intervient dans un contexte de pression internationale accrue. L'incident souligne les difficultés croissantes rencontrées par les défenseurs des droits palestiniens pour se déplacer en Europe.
Jabarin dirige Al-Haq, une organisation basée en Cisjordanie et faisant partie d'un réseau d'ONG que les autorités israéliennes accusent régulièrement de liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Son profil est d'autant plus sensible qu'il est sous sanctions américaines. Washington l'a ciblé, ainsi que d'autres responsables d'Al-Haq, pour avoir, selon les États-Unis, collaboré avec la Cour pénale internationale (CPI) dans son enquête sur des crimes de guerre présumés en Palestine.
Ce double refus français, répété en moins d'une année, signale un alignement pratique avec la position américaine et place Paris sous le feu des critiques des organisations de la société civile. L'incident pose une question cruciale sur l'espace laissé au plaidoyer palestinien en Europe et illustre comment les sanctions unilatérales d'un État peuvent entraver la liberté de mouvement des militants des droits humains ailleurs. La décision française risque de renforcer les accusations de partialité et d'entrave à un travail de documentation jugé essentiel par de nombreux observateurs internationaux.