Financements libyens : Alexandre Djouhri et Airbus s'opposent sur une 'commission mystère'
Le procès des financements libyens révèle une contradiction majeure au cœur d'une vente d'avions à la Libye de Kadhafi. L'intermédiaire Alexandre Djouhri et l'ancien dirigeant d'Airbus, Édouard Ullmo, se sont violemment opposés devant la cour sur l'existence et le paiement d'une commission liée à la vente de douze avions Airbus. Cette divergence frontale, survenue après l'attestation de l'ancien ministre Claude Guéant, jette une lumière crue sur les zones d'ombre des contrats d'armement et les circuits opaques des intermédiaires.
Interrogés successivement, les deux hommes ont présenté des versions irréconciliables. La transaction concernée, la vente de douze A320 à la compagnie Libyan Airlines commandée par le régime de Mouammar Kadhafi, est au centre des investigations sur des soupçons de corruption et de financement occulte de campagnes politiques françaises. L'écart entre les témoignages de Djouhri, figure centrale des réseaux franco-libyens, et d'Ullmo, ancien cadre supérieur du géant aéronautique, cristallise les interrogations des juges sur les flux financiers réels.
Cette confrontation directe accroît la pression judiciaire sur Alexandre Djouhri et complexifie le dossier pour Airbus, dont les pratiques de vente à l'export sont de nouveau scrutées. L'affaire dépasse le simple différend commercial pour toucher aux mécanismes présumés de rétrocommissions et aux liens troubles entre affaires d'État, industrie de défense et intermédiaires influents. L'issue de ce duel testimonial pourrait influencer significativement la suite du procès et la compréhension des financements libyens.