Lithium : l'Anses confirme son rôle de perturbateur endocrinien et sa toxicité chronique
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d'alarme sur le lithium, préconisant son classement officiel comme « perturbateur endocrinien pour la santé humaine » au niveau européen. Cette recommandation, qui s'appuie sur une expertise scientifique, marque une étape cruciale dans la reconnaissance des risques sanitaires liés à ce métal, pourtant essentiel à la transition énergétique. L'agence souligne également sa toxicité chronique pour les organismes aquatiques, ajoutant une dimension environnementale préoccupante à son profil de danger.
L'Anses demande à l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) d'évaluer cette proposition de classification. Si elle est adoptée, le lithium et ses sels rejoindraient la liste des substances soumises à une réglementation plus stricte en raison de leurs effets sur le système hormonal. Cette démarche intervient alors que la demande mondiale de lithium, principal composant des batteries pour véhicules électriques et appareils électroniques, explose, créant une tension croissante entre impératifs industriels et protection de la santé.
Cette classification potentielle pourrait avoir des répercussions majeures sur toute la chaîne de valeur, de l'extraction minière au recyclage, en passant par la fabrication des batteries. Elle imposerait aux industriels de renforcer les mesures de protection des travailleurs et de prévention des rejets dans l'environnement. L'avis de l'Anses place ainsi les autorités européennes devant un défi de taille : encadrer un pilier de la transition verte tout en protégeant la population et les écosystèmes contre ses effets indésirables avérés.