AIE : Fatih Birol alerte sur une crise énergétique de deux ans, même après la réouverture du détroit d'Ormuz
Le retour à une production d'énergie normale après la guerre pourrait prendre deux ans, un délai que les marchés sous-estiment dangereusement. C'est l'avertissement sévère lancé par Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Selon lui, la gravité des perturbations structurelles sur les marchés mondiaux de l'énergie est largement minimisée, ce qui expose l'économie à de nouvelles et fortes hausses de prix, même dans le scénario d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
Cette mise en garde contredit l'optimisme de certains acteurs qui anticipent un retour rapide à la normale une fois les tensions géopolitiques immédiates apaisées. Birol souligne que les dommages infligés aux infrastructures, les chaînes d'approvisionnement fracturées et les réorientations stratégiques des flux énergétiques créent des déséquilibres durables. La réouverture d'un point de passage critique comme Ormuz, bien que positive, ne suffira pas à effacer ces cicatrices profondes.
L'alerte de l'AIE place les gouvernements et les investisseurs sous pression pour repenser leur stratégie de sécurité énergétique à moyen terme. Elle signale une période prolongée de volatilité et de coûts élevés, avec des implications majeures pour l'inflation, la compétitivité industrielle et la stabilité géopolitique. La prévision d'un délai de deux ans pour retrouver les niveaux d'avant-guerre dessine les contours d'une crise énergétique structurelle, bien au-delà de l'urgence immédiate.