Christophe Ruggia condamné en appel pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel mineure
Le cinéaste Christophe Ruggia a été condamné en appel à cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, pour agressions sexuelles sur l'actrice Adèle Haenel alors qu'elle était âgée de 12 à 14 ans. Ce verdict, rendu vendredi 17 avril, marque l'aboutissement judiciaire d'une affaire révélée il y a six ans par Mediapart et constitue une lourde sanction pour le réalisateur, longtemps une figure du milieu cinématographique français.
L'actrice, qui avait rompu le silence en 2019, a qualifié cette décision d'« immense victoire et un soulagement ». Les faits reprochés à Ruggia, qui a toujours nié les accusations, concernent une période s'étendant sur plusieurs années au début des années 2000, alors qu'il était le mentor de la jeune comédienne sur le tournage de son premier film, « Les Diables ». Le procès en appel a confirmé la culpabilité du réalisateur pour des attouchements et des gestes à caractère sexuel répétés.
Cette condamnation définitive exerce une pression accrue sur l'industrie du cinéma français, régulièrement secouée par des affaires d'abus et de violences sexuelles. Elle valide la parole des victimes qui osent dénoncer des agresseurs puissants, même des années après les faits. Le cas d'Adèle Haenel, devenue une figure emblématique de ce combat, montre que les procédures judiciaires peuvent aboutir, malgré la lenteur des institutions et le déni initial des accusés.