Affaire Pegasus : les anciens dirigeants de NSO entendus par la justice française en tant que témoins assistés
L'enquête judiciaire française sur le scandale Pegasus franchit une étape significative avec l'audition des créateurs du logiciel espion. Selon Mediapart, deux anciens dirigeants de la société israélienne NSO ont été placés sous le statut de témoins assistés. Cette procédure, intermédiaire entre le simple témoin et le mis en examen, indique que les magistrats estiment qu'il existe des indices graves ou concordants à leur encontre. Ils sont entendus dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après les révélations de 2021 sur l'utilisation de Pegasus pour espionner des journalistes, des avocats et des militants.
Cette audition directe des architectes du logiciel constitue un développement majeur pour l'enquête française, l'une des rares procédures judiciaires actives en Europe sur cette affaire. Elle permet aux juges d'instruction d'interroger directement ceux qui connaissent le fonctionnement interne, les clients et les mécanismes de vente de Pegasus. Le statut de témoin assisté place ces anciens cadres sous une pression judiciaire accrue, les exposant à un risque de mise en examen si les investigations approfondissent leur implication présumée.
Cette avancée judiciaire intensifie la pression sur NSO Group, déjà sous le feu des critiques internationales et confrontée à des sanctions américaines. Elle relance également les questions sur l'étendue des opérations d'espionnage ayant ciblé des personnalités françaises et sur les possibles complicités ou négligences au sein des États clients. L'issue de cette procédure pourrait établir des précédents juridiques concernant la responsabilité des entreprises de surveillance privée et les limites de la vente de technologies d'espionnage à des régimes autoritaires.