AFD : un prêt de 350 millions à l'OCP malgré les alertes internes sur les risques
L'Agence française de développement (AFD) a ignoré des alertes internes critiques pour accorder un prêt massif de 350 millions d'euros au géant marocain des engrais OCP. Selon les informations de Mediapart, l'agence publique a balayé les avis qui pointaient les risques environnementaux et financiers liés à ces investissements dans le secteur des phosphates. Cette décision place l'institution sous un feu critique, révélant un possible décalage entre ses engagements affichés et ses pratiques opérationnelles.
Le bénéficiaire, l'Office chérifien des phosphates (OCP), est un acteur majeur de l'industrie des engrais. Le prêt substantiel visait à soutenir ses activités, mais des voix au sein même de l'AFD ont émis des réserves. Ces alertes internes, documentées par Mediapart, mettaient en garde contre les conséquences potentielles des projets financés, soulevant des questions sur la diligence raisonnable de l'agence dans son processus d'octroi.
Cette affaire expose l'AFD à un risque de réputation significatif et à des accusations de double discours. En négligeant ses propres mécanismes d'alerte sur des enjeux environnementaux, l'agence publique s'expose à des scrutins renforcés sur l'ensemble de son portefeuille d'investissements. L'incident pourrait également entraîner des pressions politiques et une remise en cause de ses procédures de contrôle, alors que la transparence des financements publics est un sujet de plus en plus sensible.