Espagne : Sánchez pousse les sanctions contre Israël et une voie européenne indépendante, mais bute sur Pékin
Le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez tente de forcer une rupture radicale dans la politique européenne vis-à-vis d’Israël, en remettant sans succès à l’agenda la suspension de l’accord d’association UE-Israël. Cette initiative, portée par le slogan « non à la guerre », vise à imposer des sanctions et isole Madrid sur la scène européenne, où elle cultive une position singulière et critique. Sánchez se pose ainsi en champion d’une voie européenne indépendante, défiant le consensus plus prudent des autres capitales.
Cette posture offensive s’inscrit dans une stratégie plus large de différenciation diplomatique. Le Premier ministre socialiste cherche à incarner une alternative européenne plus souveraine et critique des alliances traditionnelles. Cependant, cette quête d’indépendance rencontre une limite majeure et contradictoire : le rapprochement entamé par Madrid avec la Chine. Ce pivot vers Pékin complique le récit d’une Europe autonome et expose les tensions internes à la stratégie espagnole, entre condamnation ferme d’un partenaire et ouverture à un autre acteur majeur aux pratiques controversées.
La singularité espagnole crée donc une pression palpable au sein du Conseil européen. Si elle renforce la stature de Sánchez sur la scène domestique et auprès d’une partie de l’opinion publique, elle génère des frictions avec ses partenaires et teste la cohésion de la politique étrangère de l’UE. Le cas israélien devient le point focal de cette tension, révélant les difficultés à concilier principes affichés, réalpolitik et recherche d’influence dans un ordre géopolitique fragmenté.