Iran : le régime divisé sur les négociations avec Washington, les Gardiens de la révolution craignent une attaque
Le régime iranien est fracturé par un conflit interne sur la stratégie à adopter face aux États-Unis. L'absence d'arbitrage clair du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a laissé le champ libre à une opposition frontale entre les factions « pragmatiques » et les éléments les plus radicaux au sein des Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran). Ces derniers, anticipant une nouvelle attaque militaire conjointe des États-Unis et d'Israël, s'opposent farouchement à toute reprise des pourparlers.
La question centrale est de savoir s'il faut ou non se rendre à Islamabad, où des discussions pourraient potentiellement avoir lieu. Cette indécision au sommet de l'État reflète une profonde divergence d'analyse sur les risques et les bénéfices d'un dialogue avec Washington. Les radicaux des Pasdaran, qui détiennent un pouvoir considérable, considèrent toute ouverture comme un signe de faiblesse et une vulnérabilité stratégique, craignant que des négociations n'offrent un répit utilisé par leurs adversaires pour préparer une frappe.
Dans ce contexte, la reprise effective des pourparlers apparaît hautement incertaine. L'impasse actuelle expose les lignes de fracture au sein de l'appareil sécuritaire et politique iranien, où la méfiance envers les intentions américano-israéliennes prime. Cette paralysie décisionnelle maintient la République islamique dans un état de tension maximale, où la peur d'une attaque imminente nourrit la frange la plus dure et rend tout compromis diplomatique extrêmement fragile, voire improbable à court terme.