Opération uranium au Kazakhstan : comment la CIA a extrait 600 kg de matière nucléaire en 1994, loin des regards
En 1994, les États-Unis ont menée au Kazakhstan une opération clandestine de plusieurs semaines pour récupérer quelque 600 kilogrammes d'uranium enrichi laissés sans surveillance après l'effondrement de l'Union soviétique. Cette mission, à peine croyable tant les risques étaient élevés, a impliqué des agents de la CIA et des spécialistes du département de l'Énergie américain, opérant dans des installations souvent délabrées et mal sécurisées d'Asie centrale. L'uranium, de qualité militaire, pesait l'équivalent de plusieurs têtes nucléaire. La simple existence de ce stockpile abandonné constituait, selon les services de renseignement américains, une menace de prolifération considérable.
L'extraction n'a rien eu d'un exercice académique. Les États-Unis ont dû négocier avec les autorités kazakhes,,协调 la logistique sur des milliers de kilomètres, traverser plusieurs frontières et assurer la sécurité du convoi à chaque étape. Le Materials Protection, Control and Accounting Program, programme fédéral américain de protection des matières nucléaire, a joué un rôle central dans le financement et la sécurisation de cette chaîne d'approvisionnement à haut risque. Des installations entières ont été mises sous contrôle américain, et des partenariats technologiques ont été tissés avec NNM (National Nuclear Center) du Kazakhstan pour éviter que cette matière ne tombe entre de mauvaises mains.
Ce précédent historique refait surface à l'heure où Donald Trump suggère de récupérer directement l'uranium iranien enrichi. À l'instar du Kazakhstan dans les années 1990, l'Iran dispose aujourd'hui d'un stockpile significatif de matière enrichie dont le destin reste incertain. Les parallèles entre les deux situations — instabilité géopolitique, accumulation de matières non déclarées, négociations délicates — ravivent le débat sur la faisabilité et la légalité d'interventions unilatérales sur des programmes d'enrichissement étrangers. La question demeure : une opération similaire est-elle reproductible dans le contexte iranien actuel, ou le cadre diplomatique rend-il toute extraction directe quasi-impossible ?