FondaMental et électrochocs : une patiente subit 85 séances et perd la mémoire
Une jeune femme souffrant de troubles bipolaires a perdu les souvenirs de sa vie passée après avoir subi 85 séances d'électrochocs de très haute intensité dans un service hospitalier. Ce protocole thérapeutique extrême, administré sur dix-huit mois, a conduit à une amnésie rétrograde sévère, effaçant des pans entiers de son histoire personnelle. L'affaire, révélée par Mediapart, met en lumière les pratiques d'un centre expert du réseau FondaMental.
La patiente, prénommée Géraldine, a été orientée vers ce service hospitalier spécialisé via le réseau FondaMental, une fondation de coopération scientifique reconnue. Le traitement par électroconvulsivothérapie (ECT), souvent présenté comme un dernier recours pour les cas résistants, a ici été poussé à une fréquence et une intensité exceptionnelles. La durée du protocole – près d'un an et demi – et le nombre de séances soulèvent des questions cruciales sur l'évaluation du rapport bénéfice/risque et le consentement éclairé de la patiente face à des effets secondaires aussi graves.
Ce cas isolé mais dramatique jette une lumière crue sur les dérives potentielles au sein de parcours de soins spécialisés en psychiatrie. Il place la fondation FondaMental et l'établissement hospitalier concerné sous une pression éthique et médiatique intense. L'affaire risque de relancer le débat, toujours sensible en France, sur l'encadrement et la transparence des pratiques en électroconvulsivothérapie, ainsi que sur les mécanismes de contrôle au sein des réseaux experts.