L'État français rachète Bull à Atos : Emmanuel Le Roux détaille la stratégie de souveraineté numérique
Dans un mouvement stratégique majeur pour la souveraineté technologique française, l'État a finalisé le rachat de l'activité 'advanced computing' d'Atos, qui comprend la légendaire marque Bull. Cette opération, menée par l'Agence des participations de l'État, place directement le gouvernement au cœur de la filière du calcul intensif et du supercalcul, des domaines jugés critiques pour la sécurité nationale, la recherche et l'industrie. L'acquisition intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de course à l'innovation, où la maîtrise de ces technologies est devenue un enjeu de puissance.
Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, a détaillé les contours de cette reprise dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Il a expliqué que cette opération permet de sécuriser les activités de calcul de haute performance (HPC), de cybersécurité et de big data, qui étaient auparavant sous le toit du groupe Atos en difficulté. Bull, fleuron historique de l'informatique française, retrouve ainsi un ancrage étatique fort, garantissant la pérennité de ses développements et de ses contrats sensibles, notamment avec les ministères de la Défense et de la Recherche.
Cette nationalisation partielle crée une entité publique dédiée au calcul avancé, directement pilotée par les intérêts stratégiques de l'État. Elle vise à préserver les compétences et l'autonomie technologique face aux géants américains et chinois, tout en fournissant une base solide pour les projets d'intelligence artificielle et de simulation à grande échelle. La manœuvre place également Bull sous un nouveau régime de gouvernance et de financement, avec des attentes élevées en matière d'innovation et de compétitivité sur la scène européenne et mondiale.