Pétrole : la guerre des prix des raffineries fait flamber le baril à 147 dollars, un niveau inédit depuis 2008
Le marché physique du pétrole est en surchauffe. Alors que le baril de Brent coté à terme recule autour de 97 euros, le prix du brut en livraison immédiate s'envole à 147 dollars, un pic jamais vu depuis la crise financière de 2008. Cet écart spectaculaire, signe d'une raréfaction aiguë du produit disponible, révèle une tension extrême sur les approvisionnements.
Cette flambée est directement alimentée par une guerre des prix entre les raffineries européennes et asiatiques. Ces dernières se disputent férocement chaque cargaison disponible pour sécuriser leurs approvisionnements, dans un contexte où le trafic maritime ne s'est toujours pas normalisé dans le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations du Golfe. La demande pour du pétrole physique et livrable immédiatement dépasse largement l'offre.
Cette situation très tendue sur le marché spot constitue un signal d'alarme pour les consommateurs et les économies. Elle risque fortement de limiter, voire d'annuler, la baisse des prix à la pompe qui était attendue avec le recul des cours à terme. Les raffineries, confrontées à des coûts d'achat exorbitants pour le brut, pourraient reporter cette pression sur les prix des produits finis, comme l'essence et le gazole, maintenant une pression inflationniste sur les secteurs des transports et de l'énergie.