Procès Sarkozy-Kadhafi : l'accusation démonte la « corruption systémique » et réclame la tête du ancien président
Le ministère public a franchi un palier dans l'affaire des financements libyens. Lors de l'audience d'appel, l'avocat général Damien Brunet a exposé, mardi, les preuves retenues contre Nicolas Sarkozy et ses co-prévenus, articulant un réquisitoire centré sur la corruption, le recel de détournement de fonds publics et le financement illégal de campagne. Le magistrat a visé sans détour ce qu'il a qualifié de « perdition républicaine » de l'ancien chef de l'État, désignant les mécanismes présumés par lesquels des fonds publics libyens auraient transité vers sa campagne présidentielle de 2007.
Le procès enappel fait suite à la relaxe prononcée en première instance en 2021. Cette fois, l'accusation a construit sa démonstration autour de l'association de malfaiteurs, retenant la dimension collective et systématique de la délinquance présumée. Aux côtés de Nicolas Sarkozy, plusieurs proches et intermédiaires sont également mis en cause. L'argumentation du parquet a mis l'accent sur la cohérence des flux financiers reprochés et sur les contacts maintenu entre les protagonistes, un élément clé du dossier porté par les juges d'instruction.
Cette procédure d'appel place les prévenus sous haute tension judiciaire. Si la cour suivait les réquisitions du ministère public, les peines prononcées pourraient être significatives pour des faits de corruption active et passive aggravée. L'issue de ce procès en appel reste toutefois suspendue au délibéré de la juridiction, qui doit encore se prononcer sur l'intégralité descharges retenues.