European Sleeper relève le défi Paris-Berlin là où la SNCF a échoué, avec 20 000 billets déjà vendus
Alors que la SNCF et ses partenaires ont abandonné la liaison ferroviaire de nuit Paris-Berlin il y a trois mois, un nouvel acteur, European Sleeper, a lancé son premier train jeudi soir. L'entreprise participative belgo-néerlandaise opère sans subvention, un pari audacieux dans un secteur historiquement soutenu par les fonds publics. Son succès initial est tangible : 20 000 billets ont déjà été vendus pour ce trajet de 15 heures, démontrant une demande réelle que les opérateurs traditionnels n'ont pas su ou pu capter.
Le modèle d'European Sleeper est atypique. Structurée comme une coopérative, elle mise sur la participation citoyenne et un financement direct pour développer son réseau de trains-couchettes. Cette approche lui permet d'éviter les lourdeurs bureaucratiques et les contraintes financières qui ont pu peser sur le projet avorté de la SNCF. Le départ inaugural marque une étape concrète dans la relance des liaisons nocturnes transfrontalières en Europe, un segment que beaucoup jugent essentiel pour une mobilité plus durable.
La réussite ou l'échec de cette ligne sera scruté par tout le secteur. Elle pose une question fondamentale : un opérateur privé, agile et financé par la communauté, peut-il être plus efficace qu'un géant historique comme la SNCF sur des trajets longs et complexes ? Si European Sleeper parvient à maintenir sa fiabilité et sa rentabilité, elle pourrait inspirer une reconfiguration du marché ferroviaire européen, mettant une pression nouvelle sur les opérateurs nationaux pour qu'ils innovent ou cèdent du terrain.