Étude révèle : les salariés friands du jargon managérial (« synergies », « vision 360° ») sont les moins performants
L'adhésion au jargon managérial creux est un signal d'alarme sur les capacités cognitives réelles. Une étude présentée par un chercheur démontre que les employés les plus réceptifs à des phrases vides de sens, générées automatiquement pour paraître inspirantes, sont précisément ceux qui obtiennent les scores les plus bas lors de tests concrets de résolution de problèmes et de prise de décision. Ce « barratin d'entreprise » – incluant des termes comme « synergies », « vision 360° » ou « scaler en mode agile » – sert donc de révélateur inattendu de performance.
L'expérience a consisté à soumettre aux salariés des énoncés délibérément vides mais habillés du langage corporate à la mode. Les résultats sont sans appel : une corrélation négative forte a été établie entre la croyance en ce discours et les aptitudes pratiques. Cela suggère que l'attrait pour ce langage pseudo-stratégique pourrait masquer, ou même accompagner, une difficulté à traiter l'information complexe et à prendre des décisions efficaces en dehors des slogans pré-formatés.
L'implication pour les organisations est directe. Cette étude met en lumière un risque managérial : une culture interne saturée de ce jargon pourrait non seulement être inefficace, mais aussi attirer ou conforter des profils moins aptes aux tâches essentielles. Elle invite à une vigilance accrue sur le décalage possible entre le discours corporate et les compétences opérationnelles, remettant en cause l'utilité réelle de ce langage dans l'évaluation et le développement des talents.